Navnath Sampradaya

Navnath Sampradaya est une lignée qui se caractérise par la succession ininterrompue d’êtres accomplis (Siddhas) depuis des temps immémoriaux. Premier du Nom, Adiguru Shri Dattatreya, avatar de la Trimûrti cité dans les épopées du Mahabharata et du Ramayana, est une déité qui représente les trois grandes divinités hindoues : Brahma (dieu créateur) Vishnu (dieu tutélaire) et Shiva (dieu destructeur).

Au fil des siècles, ce mouvement hétérodoxe vit naître plusieurs sous-écoles, dont celle des Varkari (pèlerins) qui vénéraient le Seigneur Narayana. Plusieurs Saints et Poètes ont appartenu à ce courant religieux hindouiste de la Bhakti comme Dnyaneshwar (1275-1296), Namdev (1270-1350), 
Eknath (1533-1599), Tukaram (1598-1650) ou encore Samartha Ramdas (1606-1681).

Bhausaheb Maharaj mit fin à cette pratique d’errance contemplative en créant un monastère (Math) à Inchegiri où les chercheurs de Vérité venaient assister à ses Satsangs très appréciés pour l’éclat insolite de sa Parole.

L’identité distinctive et spécifique de cette Tradition est fondée sur un inaltérable purisme scrupuleusement respecté par chacun des descendants :

  • Un seul Maître actif à la fois.
  • Transmission du Naam Mantra (Mantra du Nom)
  • Enseignement dispensé à tous sans distinction de race, d’âge, rang social ou genre.
  • Refus de don d’argent pour tout Sermon.
  • Existence ordinaire avec famille et travail.
  • Pas de vie communautaire ni érémitique.

Cette Fraternité d’Immortels, d’antan et d’à présent, éclaire naturellement tout chercheur de Vérité qui s’engage sur le chemin de la réalisation de Soi. C’est au cœur du Satsang, Lieu secret de la Révélation, que l’Humble se nourrit du Nectar ambrosien qu’est, en Vérité, l’authentique quintessence du Verbe.

Bhausaheb Maharaj

Bhausaheb Maharaj est né en 1843 à Umdi, le jour de la Rama Navami, fête populaire hindoue qui célèbre la naissance de Rāma. Du fait de ses réparties brillantes, le jeune Bhausaheb est très tôt considéré comme la réincarnation du Poète Toukaram, lui-même adepte de la « chapelle » des Varkari. Il rencontre son Maître Gurulingajangam Maharaj dans sa quatorzième année. Après avoir passé dix-huit ans dans la jungle, il enseigne la méthode traditionnelle de la Pipilika Marg (voie de la fourmi). Cette pratique très ancienne s’origine dans la mythologie hindoue ; elle exige une grande rigueur de la part du disciple qui doit, chaque jour,  s’adonner à plusieurs heures de méditation soutenue. En l’honneur de son vénéré Maître, Bhausaheb Maharaj fonde en 1900 un monastère à Inchegiri où il s’établit définitivement jusqu’à la fin de sa vie, en 1914. Ce lieu donna son nom à l’actuelle Inchegiri Navnath Sampradaya.

Siddharameshwar Maharaj

Siddharameshwar Maharaj est né en 1888 à Pathri,  petit village de Solapur situé dans l’état du Maharashtra en Inde. Peu après sa naissance, sa grand-mère fait un rêve dans lequel un Prophète du nom de Siddheshwar, lui apparaît. Il révèle que l’enfant est sa réincarnation, annonce qu’il doit porter son nom et prophétise qu’un jour il deviendra un grand Saint. Dès sa prime jeunesse, Siddheshwar fait montre d’une intelligence vive et subtile. Il rencontre son Maître en 1906, s’adonne à la méditation, sans toutefois déroger aux traditions puisqu’il se marie, a trois enfants et exerce le métier de comptable. Il prend vite conscience qu’à l’ère naissante de l’industrialisation les disciples ont de moins en moins de temps à consacrer à la pratique méditative.  Il prend alors la décision de partir seul et, après neuf mois d’intense méditation assis sur un vieux canon, il réalise la Vérité ultime.  Dès son retour en 1920, il rompt avec la traditionnelle Pipilika marg pour enseigner la Vihangam Marg (voie de l’oiseau). Ses codisciples le rejettent à l’unanimité, mais il soutient que c’est le chemin le plus court pour achever la quête suprême : « Si l’ignorance est survenue par la pensée, la pensée seule peut vous mener à la dissolution de la conscience et permettre l’absorption totale de soi. » Shri Sadguru Siddharameshwar Maharaj prêcha dans un langage très simple sur la façon d’atteindre la Réalité ultime de 1925 à 1936, année où il atteint le Mahāsamādhi.

Ranjit Maharaj

Ranjit Maharaj est né à Bombay le 4 janvier 1913.Pieux dévot de Krishna, l’enfant sage occupe ses journées à Le prier. Orphelin de père très jeune, sa mère le confie à une voisine qui, fervente disciple de Siddharameshwar Maharaj permet à Ranjit de rencontrer son Maître alors qu’il n’a que 12 ans. A partir de 1934, il mène durant quelques années une vie austère puis s’établit à Bombay et, à l’instar de son Maître, exerce la profession de comptable. Rétif à donner des entretiens malgré les suppliques répétées de la belle-fille de Siddharameshwar, ce n’est qu’à l’âge de 70 ans qu’il commence à enseigner avec la bénédiction de son vénéré Maître. L’enseignement dispensé dans la petite pièce de 9m² qu’il habitait au centre de Mumbai se situe dans la continuité de celui de Siddharameshvar Maharaj et se distingue par sa simplicité et son style incisif. En 1996, il entreprend son premier voyage à l’étranger et visite chaque année plusieurs pays qui lui attirent un auditoire international. Il a quitté ce monde le 15 novembre 2000.

Phène

Phène est née le 2 mars 1964 à Bordeaux. A l’âge de cinq ans, fait trois fois le même rêve dans lequel une silhouette lumineuse lui apparaît alors qu’une voix lui souffle : « Retrouve ton Frère ». L’état contemplatif dans lequel évolue l’enfant ainsi que son brillant esprit de répartie l’isole de toute société, mais en secret, elle consacre toutes ses pensées à la recherche de son Aîné. En 1996, Phène apprend la venue en France d’un Saint reconnu, Maître de l’Advaïta Védanta. La Rencontre tant espérée advient au cœur d’une Vision resplendissante où elle reconnaît son Frère premier-né, annoncé en rêve. Il a pour nom : Ranjit Maharaj. La jeune disciple n’assiste qu’à quelques Satsangs donnés par son Maître et, malgré une vie familiale ordinaire, ne cesse d’approfondir le sens de sa Parole. Aujourd’hui, Phène donne des entretiens à l’Antre-Soi, petit atelier situé à Paris. Son parler direct et authentique éclaire tout chercheur de Vérité sur le chemin de la Réalisation.